Life is too short to live just one…

Paritas, Bhark et Natas – Question de dosage


[Après avoir détaillé la rencontre fictive entre mon nain et mon impérial, je vais présenter ici la rencontre entre ces deux lascars et mon elfe.
Ce dernier étant cantonné à la défense d’Ulthuan, de part son niveau assez bas et son tempérament paisible, ce sont donc les deux autres qui font le déplacement.
La boucle sera ainsi bouclée, et j’aurai une justification roleplay dans le jeu lorsque je passerai d’un perso à l’autre pour aider la même personne/guilde.]
 
Ces derniers jours n’avaient pas été fameux.
« Cauchemardesque » était certainement l’adjectif le plus approprié à ce qu’avait vécu Paritas.
Lui qui n’avait jamais connu la violence. Lui qui avait orienté sa vie vers le soulagement et la protection.
Le spectacle dont il avait été le témoin, et dont il avait été acteur, avait marqué son âme au fer rouge.
 
Les corps martyrisés qui s’entassent, les cris de haine et de douleur qui couvrent à peine le choc des armes et des magies.
Le sang giclant sur sa tunique, ses frères tombant comme des mouches sous les dagues des furies, beautés noires au coeur aussi sombre que sauvage.
La vision suréaliste de ces gardes noirs avançant malgré les coups et les énergies, comme si le monde entier n’existait pas.
Et que penser de ces sorcières … Abusant de leur propre puissance jusqu’à l’auto-destruction … Un non-sens pour un Haut-Elfe.
 
Combien de jeunes femmes avait-il englouti dans ses flammes, les regardant se débattre désespérement d’un feu qui ne peut être éteint ?
Combien de compagnons avait-il laissé dans les bras glacés de la mort, trop occupé à soigner ceux assez valides pour continuer le combat ?
Combien de mains s’étaient tendues vers lui, pour le supplier et le maudir, sans qu’il n’y réponde ne serait-ce que d’un regard ?
 
Paritas avait vécu la guerre. Et une partie de lui-même n’y avait pas survécu.
 
L’assaut Druchii avait cessé plus vite que d’habitude, sans que l’on sache trop pourquoi.
Profitant de ce répit, les défenseurs pansaient leurs blessures et régénéraient leur esprit.
Fidèle aux enseignements millénaires, ils chassaient toute émotion extrême.
Les elfes noirs n’étaient que pulsions. Les haut-elfes ne devaient être que raison.
Paritas se mit en quête de matériaux, pour que leurs apothicaires puissent en tirer des potions de soin.
Sa magie n’était peut être pas exceptionnelle, mais ses connaissances faisaient de lui, en plus d’un faiseur de talisman expert, un collecteur averti.
Les guerriers étant trop fourbus pour crapahuter dans la nature, les tâches de collecte revenaient souvent aux magiciens.
 
Marchant de ci de là pendant de nombreuses minutes, Paritas finit par entendre des cris.
Guidé par ces voix qui n’étaient pas elfes, il arriva à la source de celle-ci … et la scène le laissa sans voix.
Un disciple de Khaine et un garde noir affrontait un humain et … un nain ?!
Que faisait cet ennemi à l’arrière des lignes défensives ?
Et surtout d’où sortaient ces deux personnages ?
 
Les nains et les humains vivaient en assez bons termes, mais les voir ensemble … et en Ulthuan en plus !
Paritas se surprit à analyser le combat, comme s’il regardait une démonstration entre maîtres d’épée d’Hoeth.
 
L’humain était faible.
Ses mouvements étaient désordonnés, maladroits. Même un néophyte comme Paritas le remarquait.
Son adversaire, garde noir de son état, semblait s’amuser avec lui, le baladant de gauche à droite comme on le ferait avec un enfant.
Le nain n’était pas plus efficace.
Il tentait tant bien que mal d’esquiver les lames courbes du disciple de Khaine, mais ce dernier aspirait sa force vitale à chaque blessure.
Le temps jouait contre eux. Ce n’était plus qu’une question de seconde avant que le duo ne tombe sous les coups des Druchii.
 
Paritas hésita.
Devait-il les aider ?
Valait-il le coup de sacrifier trois personnes au lieu de deux ?
Et s’il mourrait, qui irait prévenir ses camarades que l’ennemi avait trouvé le moyen de contourner leur position ?
Puis il vit une ombre bouger par delà les buissons.
C’était une sorcière, en train d’incanter un sort de son cru. Le coup final allait être porté.
 
Paritas n’hésita plus.
Il courut au devant de ces misérables, préparant ses meilleurs sorts.
Tant des siens étaient morts sans qu’il ne puisse rien faire. Il avait le choix maintenant.
Et il choisit de protéger et de soigner.
 
La sorcière lança son sort de glaciation avant que Paritas ne puisse avertir les pauvres bougres.
Surpris par ce torrent de givre noir, ils hurlèrent à l’unisson, sous les rires sadiques des Druchii.
Arrivé à portée, Paritas lança son aura de soin, puis un sort d’entrave sur le garde noir.
Conscient qu’il n’avait gagné que quelques secondes, il fit face à la sorcière, prêt à l’affronter au corps à corps, le seul terrain où il avait encore une chance.
La sorcière lui adressa une insulte puis pointa son baton vers lui, alors qu’il se précipitait au contact.
C’était fichu, elle allait le foudroyer sur place, sans qu’il puisse lui porter ne serait-ce qu’un seul coup.
 
Une boule de cuir déboula alors devant lui. Avec une vitesse et une agilité que ne renierait pas un Lion Blanc, l’humain était sorti des flammes glacées.
En un seul élan, il avait fait un roulé-boulé et s’était placé sous la sorcière, le pistolet braqué dans le menton de celle-ci.
Cela n’avait duré qu’un instant. Puis, pendant ce qu’il a semblé être une éternité, humain et elfe noire restèrent sans bouger. Et le coup parti.
La sorcière s’écroula en arrière, sous la force de l’impact à bout portant.
Mais l’humain était déjà reparti à l’assaut du garde noir.
 
Réalisant soudain le danger de ce sous-être au revolver, le disciple de Khaine s’interposa entre lui et le garde noir, toujours entravé.
La dernière chose qu’il entendit fut un clic. Et l’univers entier prit la direction des airs.
Le nain, feignant la fatigue, avait truffé le sol de pièges explosifs. Il s’était laissé affaiblir pour inciter le disciple à s’approcher.
L’explosion repoussa tout le monde dans un nuage de terre.
Si le bruit n’avait pas suffi, la colonne qui s’élevait maintenant indiquait aux Haut-Elfes que quelque chose n’allait pas.
Les renforts allaient arriver. La sorcière avait rejoint ses ancêtres. Le disciple de Khaine suivait le même chemin, achevé au sol par l’humain sans une seconde d’hésitation.
Ne restait plus que le garde noir, à peine ébranlé par la puissance de l’explosion.
C’était du 3 contre 1. Les augures étaient en la faveur de Paritas et de ses deux alliés de circonstance.
Hélas, une furie, sortie nulle part, se dressa devant l’archimage.
 
Ses deux alliés de fortune, sonnés en plus d’être affaiblis, étaient déjà en difficulté face à la machine de mort Druchii.
S’ils étaient pris à revers par la furie … s’en étaient finit d’eux, et de Paritas par la même occasion.
Ce dernier n’eut plus le choix. Il serra les dents et attaqua la furie au contact.
Il devait l’empêcher d’atteindre son pendant en armure.
Il devait continuer de soigner ses nouveaux alliés.
Car s’ils tombaient, il tomberait aussi.
 
Les secondes qui suivirent semblèrent des heures.
Chaque coup de dague lui arrachait une part de son âme.
Mais le jeune elfe tint bon, animé par sa magie devenue force vitale.
La robe souillée de son propre sang, il restait debout, continuant encore et encore à incanter, régénérant ses blessures et celles du duo, bombardant ses noirs cousins de sorts offensifs dont il ne se serait jamais cru capable.
Il lutta de toutes ses forces contre l’inconscience qui dévorait goulument son esprit.
La dernière image que Paritas vit de ce combat, fut la Furie, soudain devenue fleur, son sang se faisant pétale, ses entrailles se faisant pistil.
Et ce fut le néant.
 
« C’est juste une question de dosage … »
La clarté de la Lune s’immisca dans l’esprit assoupi de Paritas.
 
« De dosage ? Tu te rends compte que si j’avais été plus près, j’aurai été pulvérisé moi aussi ! ! »
Des voix trop brutales pour être elfiques guidèrent le jeune elfe vers la conscience.
 
« N’importe quel Nain y survivrait … »
Paritas réalisa qu’il faisait nuit … et qu’il était vivant.
 
« Au cas où tu ne l’aurais remarqué, je ne suis PAS un Nain ! »
Paritas était à son camp de base.
Le duo était assis non loin de lui, visiblement en train de se chamailler.
 
« Ca ne t’a pas empêché de nous perdre dans cette sale forêt ! Ne joues pas au guide si tu n’en es pas un ! »
Le nain et l’humain étaient bandés, et des tâches de sang émaillaient le tissu.
Paritas se demanda comment on pouvait crier aussi fort en étant aussi meurtri.
 
– « Moi, au moins, je suis assez grand pour voir où je mets les pieds ! », lança l’humain.
– « Alors tu es assez grand pour ne pas marcher sur mes mines ! », rétorqua le nain.
Les deux personnages étaient face contre face, prêt à se manger le nez dans la seconde qui suit.
Peu habitué à tant de gesticulations, Paritas resta interdit, persuadé que l’étripage était proche.
Le duo le remarqua.
 
– « Tiens, notre sauveur est sur pieds ! Alors, quel effet ça fait d’être le héros du jour ? »
– « Laissez-moi saluer votre courage. Sans vous, nous serions au menu de ces créatures chaotiques, ou pire encore. »
Paritas ne sut que répondre à un tel changement de comportement.
Ils étaient prêt à s’écharper mutuellement il y a encore un isntant, et maintenant ils lui lançaient de grands sourires.
 
– « Heu … m… merci. J’ai agi sous le coup de l’émotion. Et … ce n’est pas … à mon honneur. »
Son Impérial, la langue parlée par ces deux inconnus, était hésitante. Autant par manque de pratique, que par manque de confiance en soi.
– « Bla bla bla ! Qu’est-ce que tu racontes ? Tu as sauvé notre peau, au risque de la tienne. Où est le déshonneur là-dedans ? »
Paritas regarda la boule de barbe qui s’adressait à lui.
Il devait être plus jeune que lui, sans parler de l’humain, mais l’un comme l’autre affichait une assurance qu’il n’aurait probablement jamais.
Avaient-ils seulement conscience que la mort les avait effleurés ?
 
– « Ce que mon ami veut dire, c’est que nous vous devons une fière chandelle, et que vous avez fait preuve de grands talents. »
– « Je … heu … merci … »
Cet humain ne devait pas connaitre grand chose à la magie, Paritas n’ayant utilisé que des sorts mineurs, à peine dignes de ses pairs.
S’il avait été si talentueux, un seul geste de sa main aurait énucléé les Druchii en un instant. Dans les faits, il avait surtout servi de sac de sable …
Néanmoins, ces compliments lui firent du bien.
Lui qui était si peu confiant en ses capacités, lui qui avait vu tant de ses rares certitudes vacillées …
Paritas remarqua alors que ses blessures étaient résorbées, tandis que le duo n’avaient reçu que des premiers soins basiques.
Il prit conscience que, bien s’il se trouva au camp Haut-Elfe, il était néanmoins à l’écart.
On l’avait soigné lui, mais pas eux.
 
Si la présence de l’humain était tolérable, celle du nain ne le serait jamais.
La plus grande tolérance dont les haut-elfes étaient capables se résumait à l’ignorance pure et simple.
Les moins ouverts leurs lançaient déjà des regards réprobateurs, voir des paroles pleines de sarcasmes, en viel elfique pour ne pas provoquer la réaction des hôtes.
 
Ces attitudes déplurent à Paritas.
Ce n’étaient pas des créatures aussi civilisées qu’eux, loin s’en faut, mais elles n’étaient pas des monstres.
Ils s’étaient vaillement battus, alliant force et intelligence, maîtrise et instinct. Du moins, selon leur niveau d’évolution.
Et plus que tout, ils apportaient un peu de sourire à un campement où la gravité était la norme.
 
« Depuis combien de temps n’avons-nous pas ri, chanté et dansé ? » se chuchota tristement Paritas à lui même.
 
– « Pour le chant et la danse, je ne promets rien, sauf si tu nous offres un peu de ta boisson elfique. » répondit le nain, à l’ouie fine.
– « P-Pardon ? »
– « Ca ne vaudra jamais la bière naine, mais j’aimerais quand même y gouter … pour voir la différence, tu vois. »
– « C’est que … »
– « En langage nain, gouter veut dire 3 tonnelets minimum. Par ailleurs, j’en prendrai bien une rasade, moi aussi. », renchérit l’humain, un sourire en coin.
– « … »
 
Quelles étranges créatures.
Elles avaient à peine survecu à une escarmouche avec l’ennemi.
Et elles fêtaient cela comme la victoire finale.
Paritas sourit à son tour.
 
– « D’accord, je vais nous chercher ça. Et vous me raconterez ce qui vous amène dans notre – sale – forêt. », leur répondit Paritas, l’air taquin.
– « Ah, heu … Tu étais réveillé … Ben, c’est pas qu’elle soit sale, mais … il y a trop … heu … de vert … et … », bredouilla le nain.
– « N’aggrave pas ton cas, Bhark. Nous sommes ici à la recherche d’une faiseur de talismans. »
– « Des talismans, bah ! Une bonne mine sera toujours plus efficace que ces babioles ! », lança le nain, content de trouver un terrain plus familier.
– « Avoues plutôt que toutes tes tentatives pour en faire un t’ont explosé à la figure … », lui répondit l’humain.
– « Bah ! Juste une question de dosage … »
– « Oui, le dosage … c’est tout ton problème … »
– « Dis donc, gamin ! Quand tu sauras faire ta propre poudre, tu pourras me donner des conseils de dosage ! »
– « En tout cas, jusqu’à maintenant, je ne suis pas tombé dans un trou parce que les herbes étaient plus hautes que moi ! »
– « Tu … tu … ! ! ! », s’étouffait le nain.
 
Laissant le duo à leur gentille querelle, Paritas se dirigea vers les réserves de vivres.
Les tonnelets s’entassaient ici, personne n’ayant le coeur à les ouvrir.
« C’est étrange …
Un simple sourire, et le ciel devient plus clair … »
 
Paritas gouta un tonnelet.
 
« Hum … Fameux. A la fois sucré et amer.
Parfaitement équilibré.
La vie c’est comme le vin, finalement …
Juste une question de dosage … »

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