Life is too short to live just one…

Takahashi Meijin – Autobiographie d’une idole …


Les grands noms du jeu vidéo

Takahashi Meijin

Autobiographie d’une idole du jeu vidéo au japon

par Hudson Soft et Florent Gorges

Lien : http://www.editionspixnlove.com/Tous-nos-ouvrages/Takahashi-Meijin-Biographie-d-une-idole-Japonaise/flypage.tpl.html

Level 1
Ayant déjà lu les volumes 2 et 3 des Grands Noms du Jeu Vidéo, il m’a semblé logique de me pencher sur le numéro 1.
Dans la logique des numérotations à outrance, le volume 1 est censé introduire le lecteur dans la série, capter son intérêt en frappant fort, pour l’inciter à acheter la suite.

Étrangement, ce volume 1 semble avoir ignoré cette règle (de base). Je l’ai ainsi trouvé moins intéressant que ses suivants.
Non pas à cause de l’exécution, mais du sujet même.

Explications …

Force Jaune
Cet ouvrage porte sur une figure quasi inconnue du jeu vidéo en Occident, mais pourtant incontournable au Japon.
Takahashi Meijin est une idole comme seul le Japon pouvait en produire, ultra surbooké mais toujours présent pour ses fans, jusqu’à l’overdose marketing selon le point de vue adopté.

Son histoire commence en même temps qu’Hudson Soft, au début des années 80, alors que la Famicom s’apprête à déferler au pays du sushi. D’abord livreur, puis programmeur et ensuite « force de vente », il se retrouve au centre de la communication d’Hudson Soft, tant envers les entreprises que les acheteurs potentiels. Limite homme à tout faire, il s’improvise animateur, orateur, chanteur, beta-testeur et acteur au fil des ans et des demandes de sa société.
Niveau jeu vidéo, il a participé activement au développement des premiers titres sur NES, notamment la série des Star Soldier/Force, Lode Runner et Adventure Island (pour les plus connus), ainsi qu’à l’aventure PC Engine.

Takahashi Meijin no Bōken Jima IV

Takahashi Meijin no Bōken Jima IV (Photo credit: Wikipedia)

Son immense popularité au Japon vient de l’organisation à l’échelle nationale de tournois annuels et itinérants de jeu vidéo fin 80, début 90. En première ligne et sur tous les fronts, il a dédiabolisé les jeux vidéo (au Japon aussi, les JV avaient mauvaise réputation), et devint une icône pour tous les gamers en culotte courte.
Son acronyme « Meijin », d’ordinaire réservé aux maitres de Go (litteralement « Maitre du Jeu » ), vient de sa grande dextérité aux shoot’em up et de son fameux 16shot (16 appuis par seconde) à une époque où l’auto-fire n’existait pas.
La légende veut qu’il appuyait si vite sur les boutons, que les versions tests des shoot’em up glitchaient à tout va, leur capacité mémoire allouée aux boutons étant surchargée.
Il s’est également vu transformé en héros de manga, en héros de jeu vidéo (le personnage principal d’Adventure Island console), et en héros de film dans Game King, où il affronte façon Rocky son « rival » et surtout collègue Mori Meijin.
Il a également participé à de nombreuses émissions télévisées, en tant qu’invité, mais aussi chroniqueur.

Bref, une vie terriblement remplie alors qu’il a à peine 50 ans.

L’ile aux enfants
Difficile de tracer un parallèle avec un équivalent français …
Pour vous donner une idée de la popularité du bonhomme au Japon, il faudrait mettre Cyril Drevet (Player One, Télévisator 2) dans le costume de Casimir, lui faire organiser pendant 10 ans des tournois de jeu vidéo à travers toute la France, tout en lui faisant animer TéléMatin et le mettre au centre du film « The Wizard » ( http://www.imdb.fr/title/tt0098663/combined ).
Alors seulement, vous pourrez imaginer l’impact qu’a eu ce personnage sur toute une génération. Et rajoutez aussi un coté Dorothée/Chantal Goya …

Hudson Shooting Watch

Hudson Shooting Watch (Photo credit: p_liu)

Un acteur aussi important de la cyberculture asiatique méritait donc un ouvrage dédié.
L’ouvrage en question est dans la lignée des Pix’n Love : coloré, bourré de photos et de screenshots, le tout dans une mise en page de haute volée. Sa construction en revanche m’a un peu moins plu. Dans une tradition très japonaise (je suppose), les chapitres sont étrangement éclatés entre eux. On commence ainsi par un CV acidulé, des encarts textuels dignes d’un superhéros et une « mise en scène » très shonen tendance moins de 10 ans. Un genre de Databook, en somme.

A décharge de l’auteur, on notera que ce livre est une traduction de son équivalent japonais.
Il n’y a donc pas eu énormement de travail de fond coté français. Beaucoup moins en tout cas qu’avec Yokoi (où tout était à retrouver) ou Ancel. Cela explique également ce style très particulier, voir peu académique, qui se dégage de l’ensemble.

La chronologie est quand à elle inexistante.
Plutôt que d’avoir des chapitres qui suivent l’histoire de Takahashi Meijin, on a en réalité des articles qui se concentrent sur un des aspects de l’icône. Le lecteur se retrouve ainsi à aller et venir dans les années 80-90, et il devient assez difficile d’avoir une vue d’ensemble des évènements.

Enfin, les jeux vidéo en eux-mêmes ne sont pas le sujet premier du livre. Ceux à la recherche d’une vraie bible d’Hudson Soft devront se tourner vers l’ouvrage consacré à la PC Engine (s’il est réapprovisionné un jour).
On est ici plus proche d’une biographie de Dorothée que de la Saga des Jeux Vidéo ( http://www.editionspixnlove.com/Tous-nos-ouvrages/La-Saga-des-Jeux-Video/flypage.tpl.html ).

En une phrase : contrairement aux volumes suivants, vraiment centrés sur des acteurs majeurs du jeu vidéo, le volume 1 s’adresse avant tout aux … japonais nostalgiques des années 80.

Jeux vidéos

Jeux vidéos (Photo credit: ElphHK)

Japan Superior
Le coeur du problème est donc là : cet ouvrage est très complet et bien documenté sur son sujet. Hélas, ce dernier est trop japo-centré pour concerner le grand public français, même joueur. Tout au plus, les anecdotes sur des shoot’em up populaires d’alors, et pourquoi ils le sont devenus, contenteront les mordus du genre.

Pour les autres, on retiendra surtout un coup de projecteur sur l’histoire des jeux vidéo coté Extreme-Orient, à travers le prisme d’Hudson Soft. Et aussi une plongée dans les eighties du soleil levant, avec toutes les exagérations nippones d’alors (et peut être encore, d’aujourd’hui).

Pas désagréable à lire, mais je ne peux le conseiller à d’autres.
Du moins, pas autant que les volumes 2 et 3 sur Yokoi et Ancel, beaucoup plus pertinents vis à vis du sujet qui m’intéresse.

Les + :
– La naissance des jeux vidéo coté Japon
– Très coloré
– Bien documenté
– Hudson Soft en coulisses

Les – :
– Une chronologie difficile à suivre
– Un intérêt faible pour le gamer moyen
– Une mise en page « à la japonaise » (un peu gamin donc)

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