Life is too short to live just one…

Alaï & Razzmott – Trok


[Et voici la justification à l’entraide que s’apporteront en jeu mon chasseur de squig et mon garde noir.
Une association de circonstance, pour le meilleur (pour eux) et pour le pire (pour les autres).]
 
« … »
Alaï surplombait la bataille qui faisait rage à quelques lieues de lui.
Il restait plongé dans ses pensées, alors que la guerre entre les orques et les nains s’étalait dans toute sa violence sauvage.
Clairement en sous-nombre, les nains tentaient vaillamment de repousser la marée verte qui s’écrasait sur leur forteresse.
Malgré une appréciable intelligence, les tactiques des barbus ne parvenaient cependant pas à faire fléchir l’assaillant.
Quelque soit le piège, quelque soit l’arme, quelque soit le résultat, les orques continuaient d’avancer, piétinant sans remord les corps tombés juste devant eux.
Ils se lançaient rageusement la tête la première, transformant tout leur être en boulet de canon, se heurtant frénétiquement à la défense désespérée des nains.
Ce n’était plus qu’une question de secondes avant que la forteresse naine ne tombe aux mains de ses agresseurs verdâtres.
Mais cette victoire totale n’avait rien de glorieuse : Des centaines de peaux-vertes étaient tombés pour chaque nain à terre.
Alaï dévisageait les futurs vainqueurs avec dégoût.
« … Des animaux … Non, pire que ça … Les animaux ont au moins l’instinct de préservation … »
Fort de sa décision d’utiliser les caractéristiques des autres espèces pour servir son ambition, Alaï était parti en direction du continent, en tant que conseillé technique.
En réalité, il devait rendre compte de l’avancée des peaux-vertes, et s’assurer que ceux-ci garderont les nains bien occupés.
Sans le renfort des petits hommes, les Impériaux ne pourraient triompher des chaotiques, et les renforts elfiques seraient maintenus dispersés sur deux fronts.
Malgré toute la prétendue supériorité de leur armée, les elfes noirs avaient finalement besoin des autres sous-espèces pour vaincre.
Cette pensée fit sourire Alaï.
« Apparemment, je ne suis pas le seul à envisager le monde autrement … »
Mais il y avait une différence néanmoins.
Là où ses supérieurs ne les considéraient que comme une diversion temporaire, Alaï voulaient s’en faire des alliés efficaces.
Hélas, le spectacle que lui donnait la Waaagh en marche anéantissait ses projets d’alliance.
Tout ceci était bien loin de la synergie naturelle qu’il avait vu en Ulthuan, entre l’humain, le nain et le haut-elfe.
Comment pouvait-il arriver à quelque chose de similaire avec de tels sauvages ?
 
« Toi aimer Waaagh ? »
La voix nasillarde et haut-perchée le fit brutalement sortir de ses pensées. On venait de le prendre par surprise, lui !
Il lança un vif regard circulaire, alors que sa main se portait prestement à sa lame, tandis que son autre bras brandissait son bouclier.
Il remarqua alors un gobelin qui le regardait « amicalement », si on considère que ce mot puisse s’appliquer à un tel visage.
Alaï se détentit, et remerçia sa bonne étoile de ne pas avoir été sur une arche noire.
Ses « frères » n’auraient certainement pas manquer l’occasion de se débarrasser d’un rival.
 
« Toi, pas taper ! Moi, gentil ! Moi, vouloir trok ! » geigna le gobelin devant la posture menaçante du garde noir.
Les gobelins avaient naturellement peur, surtout des elfes, et donc de tout ce qui y ressemblait.
Et rien ne ressemblait plus à un elfe qu’un elfe noir. Alaï en prit note et décida d’exploiter la situation à son avantage.
« Du troc ? La seule chose que tu me donneras sera ta langue, et ta vie par la même occasion ! »
Le garde noir avança, lame sortie, bien décidé à s’amuser un peu, quelque soit la transaction proposée.
Quoi qu’il ait à proposer, il suffira de tuer le gobelin pour s’approprier ses biens. Le seul trok sera l’amusement d’Alaï contre la vie de cette pitoyable créature.
Le gobelin commençait à reculer en agitant les bras.
« Kool ! Kool ! Toi rien gagner à tuer moi ! Moi gentil ! »
Alaï n’était pas savant, mais il savait pertinemment que la gentillesse n’existait nullement chez ces créatures.
Il  continua d’avancer, se délectant de la peur de plus en plus forte de sa victime.
« Et qu’aurais-je à gagner à te laisser en vie ? Parle avant que tu ne le puisses plus jamais ! »
Le gobelin bafouilla des explications, trop nasillardes pour être intelligible, même pour ceux de son espèce.
De toute manière, Alaï ne comptait pas lui prêter l’oreille, juste lui tendre son épée … en travers de la poitrine.
 
Soudain, Alaï perçut un mouvement sur sa gauche.
Il pivota par réflexe, et sa lame fit face à la dentition d’un squig, sorti de nulle part.
Boule de muscles et de crocs, la ronde créature était connue pour son caractère vindicatif, et servait souvent de familier aux gobelins aguerris.
A peine a-t-il repoussé le vorace de son bouclier qu’une flèche ricocha contre son armure.
Le gobelin, visiblement un chasseur de squig, venait de le prendre pour cible.
Mais alors que le Druchii se remettrait en garde, maitre et serviteur avaient déjà disparu dans les rochers.
Le garde noir réalisa alors qu’il venait d’être piégé.
Une main à sa ceinture confirma sa crainte : on venait de lui faire les poches !
Depuis le début, le gobelin cherchait à le soulager de sa bourse, solidement attachée à sa taille.
Il avait attiré Alaï près de son squig, embusqué à mi-chemin.
Il avait ensuite décoché une flèche avec précision à sa ceinture, pour en faire tomber la bourse.
Le squig l’avait gobé dans sa chute, et tous deux s’étaient enfuis chacun de son coté.
Un plan astucieux, et parfaitement exécuté qui plus est.
Alaï devait le reconnaitre : ce gobelin l’avait eu en beauté.
Rien à voir avec ce qu’il avait vu jusqu’alors. Cet énergumène avait du potentiel.
Du potentiel …
 
Ce qui suivit serait resté dans les annales du Vieux Monde, s’il y avait eu un témoin pour en rendre compte.
Le fier Druchii rengaina son épée … et applaudit !
« Bravo ! Je m’avoue vaincu !
Tu as fait preuve de grande dextérité. Toutes mes félicitations ! »
Le garde noir porta sa main à la garde de son épée, et en retira un talisman.
Il le posa ensuite sur le sol, et recula à bonne distance.
« J’aimerai, moi aussi, te proposer un trok. Un vrai, cette fois ! »
Après un silence qui lui paru une éternité, le gobelin sortit des ombres devant les yeux amusés d’Alaï.
« Je me doutais bien, que tu trainais encore ici … »
Le gobelin lança son squig gober le talisman, puis examina sa prise sous tous les angles.
« C’est bien un vrai. Et je peux en avoir d’autres. »
« … Kontre koi ? » Le gobelin avait répondu du tac au tac. A l’opposé du geignard pataud qu’il avait joué.
Cela assura davantage Alaï sur la qualité de son interlocuteur.
« Contre … tes services. »
Le gobelin parut surpris, puis demanda.
« Toi gagner koi kom sa ? »
Il avait oublié d’être bête, contrairement à ces congénères.
« J’y gagne une aide dans cette partie du monde, et des compétences que je n’ai pas. »
Le gobelin réfléchit, mimique à l’appui, son squig toujours en posture d’attaque envers l’elfe noir.
 
« Toi vouloir Tresors-ki-brillent-bokou, vrai ? »
Alaï manqua de tomber à la renverse.
 » Tresors-ki-brillent-bokou » … Un seul type d’artefacts pouvaient correspondre à cette description.
« Les trésors perdus des rois nains … » laissa échapper l’elfe noir.
Les plus grands trésors des nains, conçus en partenariat avec les hauts-elfes avant la Guerre de la Barbe, finalement tombés aux mains des peaux-vertes il y a des siècles.
De tels artefacts, dont même Malékith n’ose rêver, viennent de lui être proposé par un vulgaire chasseur de squigs.
Qui sait ce dont il serait capable une fois ces légendes en sa possession …
Alaï reprit son aplomb, non sans difficulté, et demanda avec tout le calme qu’il lui restait.
« Tu .. Tu pourrais me les fournir … si je te paye assez ?.. »
Le gobelin dévisagea son interlocuteur.
« Moi pas être fada ! Moi savoir koi arriver à moi si moi piker Tresors-ki-brillent-bokou. »
Évidemment, c’était trop beau …
« Mais moi pouvoir ouvrir portes. Si toi aider moi assez … Moi pouvoir aider toi assez. »
Ce nabot lui proposait une association, en bonne et due forme !
« Je suis Alaï Ten’Etri, garde noir de sa Noire Majesté. Je te propose ma fortune, contre tes informations. »
Le gobelin mesura la proposition, puis imita grossièrement la postule solennelle de l’elfe noir.
« Moi Razzmott Petdanlkask, chasseur de squigs. Moi d’akord pour or contre infos. Mais vouloir aussi protektion. »
« Protection ? C’est à dire ? »
« Si moi besoin toi, toi venir pour Waaagh. »
Alaï réfléchit. Il recherchait un allié qui compléterait sa force.
Il avait trouvé un tireur d’élite, maitre d’une boule de muscle et espion à ses heures perdues …
Voilà qui ferait l’affaire.
Il voyait déjà les archimages – ET les sorcières – tombant comme des mouches sous des flèches et des crocs sortis des ombres.
« D’accord, mais cela doit aussi marcher dans l’autre sens. Si j’ai besoin de toi, tu viendras. »
« Venir où ? Dans autre pays ? »
La question surprit Alaï.
Il s’attendait plutôt à une augmentation de salaire de la part d’un être vénal par nature.
« Partout où j’aurais besoin d’un archer. Dans plein d’autres pays donc. »
Razzmott fut satisfait de la réponse, petite danse à l’appui.
« Moi voir monde ! Moi voir jolies choses ! Moi loin des Big’boss ! »
Apparemment, son nouvel allié aimait les voyages … et n’aimait pas ses congénères.
Encore une étrangeté à mettre sur le compte de la Nature.
 
Alaï lui lança une pierre précieuse, rattrapée au vol par le squig, qui la présenta à son maitre, non sans l’avoir mâchouillée.
« Ceci nous permettra de nous rencontrer. Serre-la fort en pensant à moi, et je devrais pouvoir te répondre. »
Razzmott regarda la pierre, puis la saisit et la serra en marmonnant dans sa barbe.
La pierre du garde noir se mit à briller à son tour, et la garde noir entra en contact télépathique avec le gobelin.
Il en lâcha la pierre de surprise, mais la reprit de suite, visiblement ravi de l’expérience.
Razzmott la plaça dans sa bouche, au grand dégout d’Alaï, prétextant que ce serait la plus sûre cachette possible.
L’elfe noir n’en douta pas.
L’haleine du gobelin empestant d’ici, personne n’oserait ne serait-ce qu’y jeter un oeil de plus près.
 
Et ainsi commença, la plus improbable des associations, chacun croyant duper l’autre …

 

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